
Petit Épeautre de Haute-Provence IGP
Agriculture familiale depuis cinq générations
04110 Vachères

Sandrine Faucou : la passion du bio, du champ à l'engagement collectif
Issue d’une lignée d’agriculteurs et fille d’un précurseur du bio, Sandrine Faucou ne semblait pourtant pas destinée à la terre. Ses premières amours se tournent vers les lettres et l’italien. Mais la réalité rurale la rattrape : consciente de l’ampleur des défis à relever, elle bifurque et change de voie.
Un détour enrichissant avant le retour à la terre
Pendant huit ans, elle ne cultive pas son propre jardin, mais celui des autres. En tant que conseillère agricole dans les Alpes du Sud, elle accompagne les agriculteurs vers des pratiques alternatives et biologiques. Ce n’est qu’en 2009 que le déclic survient : forte de son expertise de terrain, elle décide de relever son propre défi en reprenant la ferme familiale située à Vachères, entre Lubéron et montagne de Lure.
La maîtrise d'un terroir : le petit épeautre en vedette
Sur ses 50 hectares, Sandrine mise sur la rotation des cultures pour préserver ses sols. Sa culture phare est le petit épeautre (15 à 25 tonnes annuelles), qu'elle transforme elle-même pour le vendre en circuit court. Des tables étoilées aux cantines locales, sa farine et ses grains séduisent par leur qualité. Elle complète son offre avec des lentilles, des pois chiches et du lavandin.
Sa philosophie ? Un « bio gourmand ». Pour elle, nourrir les autres est un acte de cœur qui doit rimer avec plaisir et excellence.
Une voix qui porte pour l'agriculture de demain
Son engagement dépasse les limites de son exploitation. Présidente de l'Organisme de Défense du petit épeautre de Haute-Provence (IGP) et administratrice à l'Agence Bio, elle multiplie les responsabilités nationales (INAO, Chambre d'Agriculture). « Tout cela forme un ensemble cohérent », explique-t-elle. Pour Sandrine, construire l’avenir de l’agriculture se fait collectivement, sans jamais sacrifier son équilibre familial, loin du vacarme des tracteurs.
Rester humble face aux défis climatiques
Aujourd'hui, l'optimisme de Sandrine est mis à l'épreuve par le dérèglement climatique. Malgré des cultures adaptées aux sols secs, la sécheresse historique de 2022 a amputé sa production de 40 %. Face à ces aléas qui restreignent le « champ des possibles », elle prône l'humilité et la résilience, consciente que la viabilité de son métier est en jeu.
Pourtant, Sandrine Faucou refuse de baisser les bras. Que ce soit sur ses terres provençales ou en mission pour la reconnaissance de produits de terroir ailleurs en France, elle continue de porter haut ses valeurs. Sa boussole reste inchangée : œuvrer pour la qualité et, surtout, "continuer à rêver d’un monde meilleur"